Allaitement Ma Bulle Cosmeto

 

Pour moi la question de l'allaitement ne se posait même pas: j'allais allaiter! Sauf que tout ne s'est pas vraiment passé comme je l'avais prévu. J'avoue que je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre mais malgré les différents problèmes que j'avais imaginé je savais que mon fils prendrait le sein. Problème de montée de lait, pas assez de quantité, crevasses... je pense avoir eu toutes les "merdes" qui auraient dû me faire stopper l'allaitement. Mais je suis (très) têtue et, ce contact entre mon bébé et moi, j'y tenais! Manek a aujourd'hui six moi et demi et je suis extrêment fière de vous dire que j'allaite toujours! J'avais envie de vous raconter mon parcours pour peut-être aider certaines mamans à ne pas baisser les bras. Ca vaut le coup!

 

Avant d'accoucher j'avais entendu pas mal de choses sur l'allaitement, sans pour autant que ça ait diminué ma motivation: montée de lait très douloureuse, crevasses... Ca ne m'a jamais beaucoup inquiété, j'étais sûr de moi et sûr d'y arriver.

 

A la naissance de Manek il y a eu cette première tétée en salle de naissance. J'ai tellement aimé ce moment seulement quelques minutes après qu'il soit sorti de mon corps. Et puis nous sommes remontés dans la chambre, tous les trois, notre nouvelle famille. J'ai pris une bonne douche (j'en avais besoin!) et j'ai ressenti de fortes douleurs sur mes mammelons au contact de l'eau: des crevasses, déja! Les tétées suivantes étaient très douloureuses. Je sursautais à chaque fois que Manek prenait mon sein. J'essayais de ne pas me contracter parce que j'avais peur qu'il ressente mon mal-être et qu'il ne veuille plus téter. Le personnel de l'hôpital m'a alors proposé plusieurs choses pour soulager ses douleurs: plaques de gel à mettre sur mes mammelons, crème à base de lanoline, compresses imbibées de lait maternel et j'ai également positionné un embout en plastique sur mes seins pendant la tétée.

 

Au fil des jours Manek pleurait beaucoup et perdait du poids. C'est normal au tout début mais la courbe de poids est censée remonter rapidement, ce qui n'a pas été le cas pour Manek. Je n'ai pas eu la sensation d'avoir les seins tendus ou douloureux: ma montée de lait tardait à arriver et, quand elle est arrivée, elle n'a pas été optimale. Le fait de tirer mon lait pour stimuler la lactation n'a pas suffit. Mon bébé ne mangeait pas suffisamment et, en plus de ça, il devait fournir un effort supplémentaire car téter avec un embout demande plus d'énergie. A mon grand regret nous avons dû mettre en place un allaitement mixte: allaitement au sein + biberon de lait artificiel. Je dois avouer qu'en plus de la fatigue extrême des 1ères semaines le fait de ne "pas être capable" de nourrir mon fils m'a mis un très gros coup au moral. Celà dit je ne voulais absolument pas que mon fils soit "sous-nutri" donc il était évident que s'il avait besoin de ces compléments il les aurait!

 

Mais je me suis accroché. Cet allaitement j'y tenais vraiment! Au fil des semaines et des mois qui ont suivis la naissance de Manek j'ai tenté plein de choses pour augmenter ma quantité de lait: tirer mon lait plusieurs fois par jour (en plus des tétées), séance d'acupuncture, gélules de fenugrec, levure de bière, aliments censés favoriser la lactation (lentilles corail, quinoa...), tisanes d'allaitement... Pour être honnête je crois que rien n'a fonctionné. J'ai dû me rendre à l'évidence: l'allaitement exclusif ne serait pas pour moi.

 

Fin juin, après une consultation allaitement à l'hôpital (oui à Cholet on est très bien encadré pour l'allaitement) j'ai décidé de retirer l'embout de mes seins pour les tétées de jour. Manek pourrait ainsi manger plus facilement. Sauf que mon petit gourmand qui a goûté aux tétées sans embout refusait le sein avec embout la nuit et pleurait. Je n'avais plus le choix: je devais me passer de cet embout, définitivement! Pendant à peu près un mois j'ai eu des douleurs mais pas de crevasses! Puis les douleurs ont disparu. Les tétées sont devenues de vrais moments de bonheur où on faisait un gros câlin. J'ai juste regretté de ne pas avoir retiré cet embout avant.

 

J'ai repris le travail aux 5 mois de Manek, début septembre. Tout l'été j'ai tiré mon lait afin de le congeler pour que mon fils puisse avoir du lait maternel même en allant chez sa nounou. Je limitais ainsi le fait qu'il prenne trop de lait artificiel, qu'il soit "plus calé" et qu'il tète moins quand on se retrouvait. Je tirais mon lait au travail, sur ma pause déjeuné.


Fin septembre j'ai eu mes trois semaines de vacances, mes vacances d'été. C'est à ce moment-là que nous avons commencé la diversification alimentaire. Manek était ravi de découvrir de nouvelles saveurs et, petit à petit, il a refusé de prendre le biberon. Ses repas étaient donc constitués de purées de légumes ou de fruits et de lait qu'il prenait au sein. Et puis un jour, un matin en me réveillant j'ai réalisé: ça y est, je l'ai mon allaitement exclusif! Ca fait maintenant 10 jours que Manek n'a pas bu un seul biberon!


Il retourne dans quelques jours chez sa nounou et j'espère vraiment qu'il prendra son biberon avec elle. Je sais que les enfants ont un comportement différent quand ils sont chez la nounou ou quand ils sont avec leurs parents. Je ne m'inquiète pas, je sais que mon fils ne se laissera pas mourrir de faim. J'ai rempli un tiroir de mon congélateur de lait maternel afin qu'il ait ce précieux liquide le plus longtemps possible.

 

Je n'ai jamais ressenti la moindre gêne d'allaiter mon bébé en public. Dans les centres commerciaux assises sur un banc, au restaurant, devant mes proches... J'ai même allaité à table avec mes beaux-parents. Coucou Belle Maman, je sais que tu me lis ;) Il n'y a rien de plus naturel, comment se sentir gêné!

 

Initialement j'avais prévu d'allaiter jusque la fin de mes vacances: mi-octobre. Mais j'aime tellement ça que je vais continuer jusqu'à ce que j'en ai marre. Je me suis fixé la fin de l'année comme objectif mais si je ne vais pas jusque là ce n'est pas grave. J'irai jusqu'où je pourrai. Allaiter quand on travail c'est loin d'être simple. Le tire-lait que j'emmène au boulot est très lourd, j'ai des horaires décalées et mon employeur refuse d'aménager mon temps de travail pour que je puisse tirer mon lait. Je redoute aussi l'arrivée des dents... Pour l'instant rien à l'horizon, je ne suis pas pressée.

 

Avec le recul je suis vraiment très fière de ce que j'ai accompli. Ce n'était pas gagné mais tous mes efforts en valaient la peine. Comme je l'ai dit dans un précédent article sur ma vie de maman: je me sens tellement forte et importante quand je tiens mon petit bébé dans mes bras et qu'il tète gouluement, s'endormant souvent contre moi... Ce sont des moments magiques, intenses que j'ai peur de voir bientôt disparaître... Je répète souvent à mes proches que je respecte totalement les femmes qui n'allaitent pas mais je ne les comprends pas. N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire en me donnant votre point de vue, votre expérience, vos conseils... Chères mamans/futures mamans, réfléchissez bien, accrochez-vous l'allaitement c'est magique!