1 Tokophobie

 

Il y a des femmes pour qui devenir maman est simple et représente de la joie, de l’envie, de l’impatience… Et pour d’autres, comme moi, cela signifie (signifiait?) la peur, l’angoisse, la douleur et la maladie ! Ce n'est que quelques jours après mon accouchement que j'ai appris que cette pathologie dont je souffre porte un nom: la tokophobie. J’ai surmonté ça en un an grâce à l’hypnose thérapeutique et, maintenant que j’ai accouché, que j’ai surmonté ça, j’ai eu envie de partager toute mon expérience avec vous afin, peut-être, d’aider d’autres personnes. Prenez un café, un sandwich, ça risque d’être long…

Pour la petite histoire :
Depuis que je suis ado j’ai cette sorte de phobie et la grossesse (et surtout l’accouchement) me donne l’impression de mettre mon corps en danger : maux de grossesse, hémorragie, manque de sommeil, pathologie post-partum (merci mon job en radiothérapie qui ne m’aide pas !), bref pour moi grossesse/accouchement = maladie.
Cela fait maintenant quatorze ans que je suis avec mon Namoureux et ça fait quatorze ans que nous parlons d’avoir des enfants, nous ne nous sommes jamais vu sans. On a d’abord fini nos études, on s’est installé en Loire-Atlantique, eu un travail stable, une maison et nous parlions régulièrement d’enfants. Mais à chaque fois cela terminait pareil et je m’entendais dire « j’ai envie mais j’ai peur », le tout suivi d’une crise de larmes. Rien que d’imaginer arrêter la pilule mon cœur s’emballait et parfois, même, je me mettais à pleurer. Nous avons donc laissé passer les années, j’aurais bien un déclic un jour, le temps arrange tout non ? C’est ce qu’on dit. Sauf que le temps n’a rien fait, j’ai eu 30 ans et je me suis demandé si je serais capable de dépasser ça un jour.
Pour ceux qui ne le savent pas je travaille en radiothérapie (je traite les cancers grâce aux rayons) et je suis membre du CLUD (Comité de Lutte Contre la Douleur). A l’automne 2015 j’ai eu la chance que mon service m’envoie à Paris, en formation, pour apprendre les base de l’hypnose thérapeutique afin de contrôler la douleur de mes patients. Révélation !

Qu’est-ce que l’hypnose thérapeutique ?
L’hypnose thérapeutique est une modification de l’état de conscience qui aide la personne à se focaliser sur quelque chose dans un but bien précis. Une sorte de relaxation profonde pour vous apprendre à vivre avec les choses qui vous posent problème sans qu’elles vous gâchent la vie au quotidien.
On est bien loin de Messmer et de l’hypnose de cabaret qui font, selon moi, beaucoup de tort à l’hypnose thérapeutique. Dites-vous bien qu’il est impossible, avec l’hypnose, de vous faire faire quelque chose dont vous n’avez pas envie, il ne s’agit pas de vous manipuler. Je me souviens d’une émission sur TF1 où on voyait Jarry voler et manger une pomme sous hypnose alors qu’en réalité il n’aime pas ça. Pour moi c’est faux ! Autrement vous pensez-bien qu’on utiliserait l’hypnose pour se faire faire de gros chèques par des gens très riches ou qu’on hypnotiserait des gens pour aller commettre des meurtres ou des vols… Bref ne croyez pas ce que veut vous faire croire la télé et n’ayez pas peur de l’hypnose thérapeutique.

L’avant grossesse :
Totalement convaincu par ma formation à Paris j’ai décidé de contacter une hypnothérapeute près de chez moi et j’ai eu mon 1er rendez-vous en février 2016. La première séance est assez particulière puisqu’il faut raconter sa vie, ses expériences, ses traumatismes depuis la naissance jusqu’à aujourd’hui. Replonger et faire remonter à la surface toutes ces choses enfouies en nous depuis tant d’année. Pas simple mais tout est important et il y a des choses sur lesquelles il faut travailler pour avancer, comme en psychologie. Un mois et demi plus tard, sereine, j’arrêtais la pilule. Trois mois après ma 1ère séance j’étais enceinte et pas vraiment angoissé.

L’hypnonatal :
En août 2016, 3ème séance d’hypnothérapie, je suis enceinte d’un mois et demi et je commence l’hypnonatal. Grâce à cette séance je me suis débarrassé des nausées et des fringales. Puis au fil des séances, dans le courant de l’automne, j’ai travaillé sur ce qui me faisait le plus peur dans la grossesse et l’accouchement. J’ai atténué tout ça et je suis plutôt sereine. L’inconnu fait peur, bien-sûr, mais plus de peur panique ni de crise de larmes. Il faut savoir que mon hypnothérapeute enregistre nos séances et je repars avec à la maison. Quand j’en ai besoin je peux travailler toute seule et me repasser mes séances.

L’accouchement :
Dès les premières douleurs des contractions j’ai mis en place des techniques d’hypnose que je maîtrise : aller mentalement dans un lieu où je me sens en sécurité, concentrer mon attention sur les odeurs, les couleurs, les détails et autres sensations de cet endroit afin de détourner mon esprit de la douleur et d'installer de la détente en moi. J’ai également inventé un bouton gradué de 1 à 10 afin de baisser mentalement l’intensité des contractions. J’avoue avoir géré tout ça jusqu’à un certain point. Disons que ça m’a permis de tenir un moment en attendant la péridurale mais il était temps qu’elle arrive car la douleur était telle que je n’arrivais plus à me concentrer afin de me mettre en auto-hypnose. J’avoue que sur la fin de l’accouchement, quand les douleurs sont revenues et au moment de l’expulsion, je n’ai pas été en mesure d’utiliser l’hypnose. Dommage, je m’étais vraiment bien préparé.

Et maintenant :

2 Tokophobie

 

Même si mon petit flocon n'a que quelques semaines je commence à poser des bases d'hypnose conversationnelle: je bannis les négations dans mes paroles adieu "ne t'inquiète pas" et bonjour "rassure toi"!) et j'emploie beaucoup de phrases positives: "maman est là", "tout va bien", "détends-toi"... J'emporte avec nous des petites peluches pendant les rendez-vous médicaux histoire de détourner son attention des moments désagréables comme les vaccins.

Bon à savoir :
-Mes séances d’hypnose « classiques » m’ont coûté 70€ par séance pour environ 1h30 (ça débordait souvent). Les séances d’hypnotanal étaient à 80€ pour le même temps. Malheureusement rien n’est remboursé par la sécurité sociale mais renseignez-vous auprès de votre mutuelle peut-être… Pour ma part rien n’était pris en charge.
-Une seule séance a réussi à calmer mes angoisses au point que j’ai pu arrêter la pilule mais il a fallu continuer pour aller au fond du « problème ». Après deux séances j’étais enceinte.
-Je n’ai pas suivi le parcours classique des séances d’hypnonatal. Je trouvais certaines allusions un peu « bizarres » et, après avoir discuté avec mon hypnothérapeute, j’ai préféré choisir moi-même l’orientation de mes séances et le sujet sur lequel je souhaitais que l’on travaille.

Voilà mes petites bulles, voilà comment l’hypnose a changé ma vie, comment elle m’a permis de surpasser l’une de mes plus grosses peurs et ce depuis énormément d’années. Je suis extrêment fière d'avoir surmonté cette peur et bien plus heureuse encore de pouvoir tenir notre petit Manek dans nos bras. Tous ces efforts en valaient vraiment la peine. Je suis convaincu des bienfaits de l’hypnose thérapeutique et je la recommande à quiconque a un soucis dans la vie : phobie (animaux, claustrophobie…), envie d’arrêter de fumer, envie de perdre du poids, dépression, douleurs chroniques, troubles du sommeil, du comportement ou même ne serait-ce que de l’accompagnement pour surmonter un évènement douloureux (perte d’un proche, annonce de maladie…). L’hypnose désamorce vos blocages, vos peurs, vous êtes toujours vous-même mais rien ne vous empêche plus d’avancer.
J’espère que mon témoignage vous aura plu, vous aura peut-être fait voir l’hypnose sous un autre angle et aidera peut-être certaines d’entre-vous. N’hésitez-pas à me dire en commentaire si vous avez déjà eu recours à l’hypnose, quelle a été votre expérience et surtout si vous avez des questions n’hésitez pas je me ferai une joie de vous répondre.